L’été. Nom masculin singulier. Du latin aestas : chaleur, feu, passions agitées. Peut être indien ou caniculaire. Commence par un solstice, termine en équinoxe. Trois petites lettres pour un bonheur sans fin. Prend d’autres formes chez nos voisins : summer, sommer – quand le soleil est au sommet – estate, verano.
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Nous passons l’année à l’attendre. Au milieu de l’hiver, quand la pluie battante et le froid battent le goudron, c’est sa promesse qui nous fait tenir : il y aura des jours meilleurs.
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« Tu fais quoi, toi, cet été ? » : entre avril et mai, cette inlassable question remplace son pénible homologue professionnel, le redouté et-toi-tu-fais-quoi, pour mettre enfin un peu d’avenir dans les conversations.
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L’été, c’est le temps des cerises et des chapeaux melons, des jeux de cartes, du sable qui se glisse partout, de la crème solaire qu’on n’arrive pas à se mettre dans le dos, puis de la Biafine répandue en régiment sur nos corps rôtis, des story Instagram jetées comme des fleurs, des robes et des bermudas (pour les plus audacieux), du chassé-croisé des juilletistes et des aoutistes, du Spritz à volonté, de l’oubli petit à petit de nos vies monotones, des villes qui étouffent et de notre terre qui surchauffe.
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Littérature d’été : Camus, Char, Duras – dix heures et demi du soir en été.
Chansons d’été : Joe Dassin, L’été indien. Lana Del Rey – Summertime Sadness.
Cinéma d’été : Kechiche, Mektoub my Love.
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Splendeur et misère de l’été moderne : les forêts s’embrasent, l’eau vient à manquer. Chaleur accablante. Été mortel comme un virus. On dit que cela commence à peine. Pas cool.
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Fils et filles du soleil : nés pour brûler, nés pour cette immense fête qui s’achève en septembre. Jusqu’à l’extinction.
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Demain, il faudra tout recommencer.

L’été
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